Il y a des lieux devant lesquels on passe parfois sans s’arrêter. Un monument aux morts, une plaque, une tombe signalée sur un parcours de randonnée, une cérémonie un matin de mai ou de novembre.
À Bosroumois, la mémoire locale se tient dans ces gestes simples : se rassembler, lire des noms, déposer une gerbe, observer une minute de silence, chanter La Marseillaise, transmettre aux plus jeunes ce que les générations précédentes ont traversé.
Depuis la création de la commune nouvelle, cette mémoire rassemble les histoires de Bosc-Roger-en-Roumois et de Bosnormand. Deux de la commune nouvelle, cette mémoire rassemble les histoires de Bosc-Roger-en-Roumois et de Bosnormand. Deux anciens villages, deux héritages, mais une même volonté : ne pas laisser disparaître les noms, les dates et les événements qui ont marqué le territoire.
Les commémorations rappellent d’abord les grands conflits qui ont traversé l’histoire nationale. Mais à l’échelle d’une commune, elles prennent une dimension plus proche. Les noms inscrits sur les monuments sont ceux d’habitants, de familles, de voisins d’autrefois. Ils relient la grande Histoire à la vie locale.
Le monument aux morts de Bosc-Roger-en-Roumois porte ainsi la mémoire des morts de la Première Guerre mondiale, des victimes civiles et militaires de la Seconde Guerre mondiale, de déportés politiques et d’un soldat mort pendant la guerre d’Algérie. Celui de Bosnormand rappelle les habitants tombés pendant la guerre de 1914-1918.
Cette mémoire se lit aussi ailleurs. Sur le circuit des Trois Clochers, le promeneur peut rencontrer des traces plus discrètes : la tombe d’un grognard de Napoléon, ou encore une pierre tombale en hommage à un soldat américain tombé le 22 août 1944. Ces repères montrent que le souvenir n’est pas seulement concentré autour des monuments : il se glisse aussi dans les cimetières, les chemins, les paysages et les lieux de passage.
Le 8 mai, la commune commémore la victoire des Alliés sur l’Allemagne nazie et la fin de la Seconde Guerre mondiale en Europe. Le 11 novembre rappelle l’Armistice de 1918 et rend hommage à tous les morts pour la France. D’autres journées nationales peuvent également être associées au devoir de mémoire, selon le calendrier républicain et les cérémonies organisées.
Mais au-delà des dates, l’essentiel tient peut-être dans la continuité du geste. Une commune qui commémore affirme que son histoire ne commence pas aujourd’hui. Elle reconnaît ce qu’elle doit à celles et ceux qui l’ont précédée, à ceux qui sont tombés, à ceux qui ont vécu les guerres, les reconstructions, les deuils et les retours à la paix.
Participer à une cérémonie, même quelques minutes, c’est faire vivre cette mémoire. C’est rappeler que les monuments ne sont pas seulement des pierres gravées, mais des lieux de transmission.
À Bosroumois, la mémoire locale appartient à tous : aux anciens qui se souviennent, aux familles qui transmettent, aux élus qui organisent, aux associations qui participent, aux enfants qui découvrent, et aux habitants qui, par leur présence, donnent encore du sens au souvenir.


