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Bosroumois autrefois

Avant de devenir la commune actuelle de Bosroumois, le territoire s’est construit au fil du temps à partir de deux entités distinctes : Bosc-Roger-en-Roumois et Bosnormand. Leur histoire s’inscrit dans celle du Roumois, entre défrichements, vie rurale, activités artisanales et transformations progressives du paysage.

Le nom même de Bosroumois est récent. Il apparaît en 2017 lors de la fusion des deux communes. Mais derrière cette appellation nouvelle se cache une histoire bien plus ancienne, faite d’évolutions de noms, de territoires et d’usages.

Des noms qui racontent le territoire

Le nom Bosc-Roger vient du mot normand bosc, qui signifie « bois », associé à un nom de personne, probablement celui d’un seigneur ou d’un propriétaire ancien. Il évoque directement les défrichements de la forêt de la Londe, qui ont permis l’installation des premiers habitats.

Au fil des siècles, le nom évolue pour devenir Bosc-Roger-en-Roumois, afin de préciser son appartenance au plateau du Roumois.

De son côté, Bosnormand porte également la trace du mot bosc, associé ici à l’identité normande. Là encore, le nom rappelle un territoire marqué par la forêt et son exploitation.

En 2017, la fusion des deux communes donne naissance à Bosroumois, un nom qui rassemble ces héritages tout en affirmant une identité commune à l’échelle du territoire.

Un territoire de hameaux et de chemins

Pendant longtemps, le territoire de Bosroumois n’a pas eu l’aspect d’un centre-bourg structuré.

Les habitations étaient dispersées en une multitude de hameaux et de lieux-dits. Les fermes, les chemins, les mares et les terres agricoles formaient l’essentiel du paysage. Les routes servaient autant à relier les exploitations qu’à organiser un centre.

Après la Seconde Guerre mondiale, cette organisation reste encore très visible : l’agriculture domine, les maisons sont espacées, et la vie locale s’organise autour des activités rurales.

Aujourd’hui encore, cette structure ancienne se lit dans les noms de lieux, les chemins, les haies, les mares et les écarts qui composent le territoire.

Quand la laine faisait vivre le village

Au XIXe siècle, Bosc-Roger-en-Roumois devient un important village de drapiers.

Vers le milieu du siècle, près de 1 500 habitants travaillent la laine à domicile pour des fabricants d’Elbeuf. Chaque semaine, des voitures à cheval apportent la matière première aux ouvriers installés chez eux.

Cette activité textile relie fortement le territoire à l’économie elbeuvienne. Elle marque les maisons, les familles et le rythme de vie.

Parmi les figures de cette époque, Emmanuel Boulet, manufacturier installé à Bosc-Roger, joue un rôle important. Son nom est aujourd’hui associé au jardin Emmanuel-Boulet. Il est également à l’origine du Syndicat agricole du plateau du Roumois et du Club français du chien de berger.

Un territoire traversé par l’histoire

Comme ailleurs, le territoire n’échappe pas aux grands événements.

À la fin du XIXe siècle, les transformations industrielles modifient les équilibres locaux. Puis vient la Seconde Guerre mondiale. Le 25 août 1944, des bombardements touchent Bosc-Roger-en-Roumois et endommagent fortement la place de l’église.

Après la guerre, la commune reste profondément rurale, marquée par l’agriculture, les hameaux et les solidarités locales.

Cette mémoire est encore présente aujourd’hui, dans les paysages, les reconstructions, les monuments et les commémorations.

Des chemins anciens aux routes modernes

Les accès au territoire ont eux aussi évolué.

Au XVIIIe siècle, en venant de Bourgtheroulde, on n’empruntait pas la route actuelle. Il fallait passer par le chemin du Vivier, à la lisière de la forêt. La route départementale ne sera percée qu’en 1833.

Ce changement illustre une transformation plus large : le passage d’un territoire organisé autour de chemins ruraux à un espace structuré par des infrastructures modernes.

Vie paroissiale et organisation ancienne

Du Moyen Âge à la Révolution, la vie locale s’organise autour de la paroisse et des structures seigneuriales.

L’église Saint-Pierre occupe une place centrale. Au début du XVIIe siècle, la Confrérie de charité est créée pour assurer une sépulture chrétienne à tous les habitants.

À la même époque, un temple protestant existe également, et plusieurs chapelles sont présentes sur le territoire. Seule celle de la Bréaulière subsiste aujourd’hui.

Des liens existent aussi avec la Collégiale de La Saussaye, ainsi qu’avec des commanderies templières comme celles de Saint-Étienne de Renneville et de Sainte-Vaubourg.

Les noms d’anciens fiefs, comme les Séglas ou Thibouville, témoignent de cette organisation aujourd’hui disparue.

Une mémoire toujours visible

Bosroumois autrefois n’est pas seulement une histoire ancienne. C’est une clé pour comprendre la commune actuelle.

Derrière les rues, les équipements et les habitations, on retrouve encore les traces du passé : les hameaux, les chemins, les mares, les paysages agricoles, les bâtiments anciens et les noms de lieux.

Le territoire s’est construit par étapes : forêt défrichée, paroisses, villages ruraux, activité textile, commune agricole, puis territoire résidentiel.

Aujourd’hui, Bosroumois rassemble ces héritages. Et chacun d’eux continue, discrètement, à faire partie du paysage.

Actualités et événements

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